Je vous présente... (roulements de tambour) MA COUSINE! A première vue, le spectateur inexpérimenté se dit :"Mon Dieu! Mais qu'est-ce donc?", le tout accompagné d'une moue interrogative. Là, je vous répondrai NON! On ne juge pas les gens à leur apparence! Certes, cette personne paraît différente, voire handicapée... mais c'est ma cousine! Bon. D'accord. Elle est effectivement différente (normal, c'est moi qui l'éduque depuis 12 ans). Pour vous donner un petit aperçu de ses capacités ô combien étendues, voilà le premier poème qu'elle composa à l'âge de 5 ans (ou 4 ans, je ne sais plus) :
Dans la grotte,
Il ya une botte.
Dans la botte,
Il y a une crotte.
Rien à ajouter, sinon la pureté stylistique et l'absolue beauté formelle de ce prodigieux quatrain. Ma cousine est donc un génie précoce. Mais elle ne s'est pas arrêtée là. 7 ans plus tard, en me regardant réviser mes déclinaisons de latin (oui, je vais faire du latin à la rentrée alors, sérieuse comme je suis, je m'y mets un peu avant. On s'occupe comme on peut à Holving-Beach), elle a décidé d'écrire un livre. Pas n'importe quel livre, non. Il est intitulé "Le latin pour débiles". Petit échantillon (le texte est livré tel quel, chaque virgule a été conservée):
1. Les articles - Il n'y a pas d'articles en latin. Donc on ne peut pas dire "une rose très rigolo". Il faut dire :"une rose rigolo" <-- pas d'article ("Oh ben ça alors! -Comment ça se fait? -Peut-être parce qu'on l'a enlevé!")
2. Le complément du nom - (Définition : "une rose de rigolo" (matière))
Cette leçon n'est pas essentiellement basée sur l'apprentissage du latin mais bon. Le complément du nom peut être :
- un nom : une rose rigolo
- un pronom : une rose super rigolo
- et autre chose encore
Finalement, lors d'une partie de Monopoly, je pus découvrir l'éventail de ses capacités infinies. C'était hier après-midi. Je m'en souviens comme si c'était hier.
J'avais raflé à peu près tous l'argent du jeu, et il ne restait à Anne plus que quelques billets épars. Soudain, son oeil se mit à pétiller et elle se dressa sur le lit (oui, on jouait sur le lit) en décidant qu'elle allait faire de ces billets ses enfants. Elle se mit à les couvrir de câlins et les baptisa. Son billet de 50 000, la fille aînée, fut ainsi prénommée avec amour Poubelle. Notons que poubelle se sacrifia pour l'amour de sa maman et pour rembourser ses dettes. Les 3 billets de 10 000 furent appellés : Dix Mille (le chouchou), Emile (qui rêve d'être chouchou à la place du chouchou) et Débile (qui ne rêve pas puisqu'il est déficient mental. Ah, j'allais oublier, merci de me l'avoir rappellé, Anne ; Débile a la charmante particularité de se nourrir de ses excréments). Le petit dernier, un billet de 2 000, s'appelle Vincent (puisque 20X100=2000). J'ai ajouté ma touche personnelle à cette petite famille en agrémentant le petit Vincent d'un 2ème prénom : Tim. (Vincent-Tim... hum. Voilà voilà...)